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Golcondes

 

 golcondes

 

Univers des eaux profondes
qui submergent impassibles
les golcondes de mes rimes
dans leurs ondes …

 

Golcondes. Avant de savoir qu'il s'agissait des diamants sortant des ateliers de taille de l’ancienne ville-forte de Golconde, fleurissante autrefois au beau milieu de l’Inde, pendant la longue durée de mon ignorance, le mot évoquait pour moi plutôt des gondoles fantômes, des gorgones à tentacules, des méduses ou des sirènes. Et c'est avec ses évocations trompeuses que je  récitais le poème, d'un ton de voix descendant, en immersion impassible et profonde.

Magritte. Tout le monde connaît ces messieurs, parfois aussi des dames, si sobres et si bien mis, en manteau long et chapeau melon, tombant sur la toile en pluies. Cette série s'appelle, je ne sais pas pourquoi, Golconde, comme si le mot s’inscrivait, là aussi, non pas au propre mais au suggéré, peu importent les diamants, invisibles ou inexistants dans ces étranges précipitations humaines.

Mais à bien regarder le tableau, à réciter le poème, la question de fond est non pas ce qu'ils suggèrent, mais le suggestif lui même ; rien de plus difficile, le plus souvent, que de saisir ce que le suggestif suggère, rien de plus évasif et de plus fuyant. 

Eh ! arrête-toi que je t'attrape, l'ange moqueur de l'art !

 

janvier 2022
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