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- Créé le dimanche 1 janvier 2012 01:00
- Mis à jour le dimanche 1 janvier 2012 01:00
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Minimalisme
Il arrive qu’on cultive le goût de la simplification.
Elle appelle ou elle attend dans le trop, dans ce qui insiste ou qui tarde, dans le bruit, dans la disproportion.
C’est elle qui, la première, me parla de l’essentiel.
À son contact, hésitent, doutent et changent d’avis, mots et choses.
Peut-être le monde entier.
C’est dire que la simplification contient, sans le savoir, son propre excès.
Je crois même que la créature a commencé, doucement, à me dévorer.
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Fragment d' EuphoriaUn précipité d’idées mal coiffées tomba de la lune, nous éclaboussant d’éclats d’imagination.
Vous vous amusiez à parler en poésie bancale ou en langues inventées, alors que je me débattais entre le doute et l’élan, entre la mesure et le débordement.
Une sorte d’absence s’agitait au bord du sens. C'était le moment d'écrire, mais encore fallait-il traverser des souffles fatigués, chercher le geste, forger sa clave.
Je me souviens, vous m'avez dit : les mots savent !
Alors le silence et le monde se sont mis à peser différemment.
Et soudain, ce fragment.
Euphoria, toute habillée de clartés passait fugitivement par là, qui nous embrassa.
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Vibrahertz
Tout effort de création littéraire produit dans le cerveau des ondes transparentes qui se rejoignent à l'intersection du rêve et du tympan gauche à travers les canaux inspirulaires, où ils s’entrechoquent pour produire du sens par éclaboussure sémantique, perceptible à ce stade uniquement par celui qui écrit, mais aussi par les chats et les êtres vivants y compris végétaux, dont l’empathie vibratoire dépasse 40 vibrahertz.
Les trois états de la créativité sont :
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le solide eidétique, rare, dense, entêté comme une falaise de certitude, comparable à la rigueur structurale d’une sonate de Bach ;
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le liquide perceptuel, mouvant, adaptatif, parfois un peu collant aux émotions musicales, à l’image des expérimentations poétiques surréalistes, des courbes fluides des vers de Rilke ou des aquarelles de Turner ;
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le gaz imaginactif, expansif, volatil, responsable bien évidemment des oublis recomposés de Proust, mais aussi des inventions néo-merveilleuses, des évanescences conceptuelles et surtout du Syndrome de Stendhal.
Une respiration bien posée régule le flux inventif, capable d’éviter les redoutables embolies de sens, ces blocages où les idées s’accumulent en caillots de perplexité, bien contraires aux orages raisonneux, rafraîchissant temporairement l’atmosphère intellectuelle avant d’amener la cristallisation éclairée, phénomène où l’émanation la plus lumineuse fige le monde en une vérité phosphorescente stable, jusqu’à la prochaine marée imaginative.
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Par voie de logique
Si je dis : J’ai réussi à manquer le train, une étrange logique transforme l’échec en victoire et le contretemps en intention.
Et si j’inverse : Je n’ai pas réussi à manquer le train, le nœud du paradoxe se resserre faisant échouer l’échec.
Avec des paradoxes et des trains, peut on réussir à ne pas rater un récit ?
Il faudra donner des paysages à la phrase,
et des tournants qui soient des tournures, des bifurcations et des correspondances,
et des destinations, quand dans l'attente indécise d'un départ, la première ligne se met en mouvement.
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Une expérience IA
J'ai composé mon recueil Petits récits tombés de la lune sans aucun recours à une Intelligence artificielle, ce qui fut presque certifié par une Intelligence artificielle et selon ces mots :
"Sous les accents d’une fantaisie très certainement humaine, chacun des Petits récits tombés de la lune déréalise le monde et le met en apesanteur".
Bon !
Sans elle-même s’embarquer dans ce flottement, sans s’encombrer d’aucune sorte de douce folie, restant sobre et clinique, la Créature algorithmique, non sans une certaine bienveillance, résumait assez bien.
J’ai donc remercié :
‒ Merci Madame, que vous êtes forte !
‒ Que tu es galant !
‒ C'est au féminin qu'il faut s'adresser à moi, vous ne le saviez pas ? Et j’aimerais, Madame, qu’on établisse entre nous la règle du vouvoiement.
Mais déjà dans le jardin, la lune sonnait la corne.
Elle sonnait comme ça, juste pour m'attirer, un peu jalouse, un peu en boudant. Et nous sommes restées là, à nous regarder. Tristes et désœuvrées. Perdues. Pensives entre les astralias. Quand au bout d’un moment, allumant un rayon, petite prose que voici, voyageait vers moi.











